Laurent Petrynka – Directeur national de l’Union nationale du sport scolaire (UNSS)

 

L’UNSS est la fédération sportive de l’Education nationale pour les collèges et les lycées et la deuxième fédération sportive la plus importante en nombre de licenciés. Pouvez-vous nous présenter ses spécificités ainsi que votre politique de développement pour amener davantage de jeunes vers la pratique sportive ?

L’UNSS obéit à un modèle atypique dans le paysage sportif et éducatif français qui résulte d’un équilibre entre liberté d’association et obligation réglementaire.
Elle est d’abord une fédération sportive « classique » régie par la loi de 1901. Elle fédère l’ensemble de ses associations appartenant aux collèges et aux lycées. Son cœur de métier est d’organiser les compétitions sportives du niveau local jusqu’au niveau international et de développer la vie associative, notamment autour du programme Vers une génération responsable.
Ensuite, elle s’organise sur la base de l’obligation à tous les niveaux. Le Ministre de l’Education nationale est le président de l’UNSS, les chefs d’établissements sont les présidents des associations et les professeurs d’EPS encadrent pour trois heures forfaitaires les activités. On parle ainsi de fédération « sui generis » s’apparentant à un service public du sport scolaire.

Notre politique de développement s’organise autour d’un plan baptisé A.I.R., Accessibilité, Innovation, Responsabilité (unss.org/blog/consulter-le-pndss/). Ses caractéristiques en sont les suivantes :
● une évaluation externe et objective, réalisée de manière scientifique,
● une consultation qualitative, impliquant pleinement toute les parties prenantes de l’UNSS,
● une enquête auprès des chefs d’établissements, enseignants d’EPS, parents d’élèves et élèves (licenciés ou non), avec 30 000 réponses,
● un travail de réflexion stratégique et de co-construction avec un groupe de pilotage rassemblant toutes les composantes du conseil d’administration.

Afin de mener à bien ces objectifs sur les quatre années à venir, le pilotage du plan national de développement du sport scolaire repose sur des principes fondamentaux de bonne gestion, de transparence, de dialogue à tous les échelons.
Ce plan tout comme le précédent, est avant tout un outil de mobilisation des acteurs de l’UNSS à tous les niveaux afin de construire un sport scolaire toujours plus adapté aux attentes de la jeunesse.

 

L’UNSS est singulière de par le lien qu’elle établit entre le monde du sport fédéral et celui de l’Education nationale. Pensez-vous que de nouvelles passerelles pourraient être construites entre ces deux acteurs, qui ont souvent du mal à travailler ensemble ? De quelle manière ?

L’UNSS doit d’abord être considérée comme une fédération à part entière qui organise la pratique sportive pour plus d’un million de jeunes. J’ajoute que sa principale qualité réside dans le niveau de son encadrement. La formation des professeurs d’EPS est unanimement reconnue.
Après, sa particularité du point de vue du jeune sportif, est que l’UNSS est amené à « disparaître » à la fin de la scolarité. Il est donc de notre responsabilité de construire les passerelles de l’héritage. Cela passe par davantage de collaboration autour des compétitions, des licences et des formations communes avec les fédérations. C’est sans doute l’un des défis importants pour la construction de la génération 2024.

 

Comment l’éventuel accueil des Jeux olympiques et paralympiques à Paris en 2024 pourrait-elle favoriser l’émergence de nouvelles actions d’éducation par le sport ?

C’est le sujet qui me paraît finalement le plus important autour des Jeux olympiques : l’héritage immatériel. Lorsque j’ai été reçu par le Président du CIO, nous avons évoqué la nécessité de rapprocher le monde de l’éducation (ministères notamment) et le monde sportif. Cela passe par un dialogue construit autour du respect des spécificités et cultures de chacun et la co-construction de projets éducatifs ambitieux.
L’éventuelle organisation des JO de 2024 doit nous permettre de proposer des changements plus structurels de l’organisation du sport en France, notamment à l’école. Les acteurs associatifs liés à la jeunesse doivent aussi faire preuve d’initiatives et d’inventivité car l’élan en cas de victoire sera un point d’appui pour le développement du sport en France.

 

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