Laurence Garnier – Vice-présidente de la Région des Pays de la Loire

 

Le Conseil régional des Pays de la Loire a annoncé d’importants investissements consacrés à la construction d’un nouveau CREPS à Nantes. Pouvez-vous nous présenter ce projet et l’ambition sportive qu’il porte pour votre région ?

Au-delà du transfert de compétence organisé par la loi NOTRe, la Région a fait le choix pour le CREPS des Pays de la Loire de construire de nouveaux locaux avec pour ambition d’en faire un centre d’innovation dédié au sport. Cet engagement régional va permettre au CREPS de jouer un rôle central dans la mise en œuvre des politiques sportives, tant pour le haut niveau que pour la formation aux métiers du sport et de l’animation ainsi que dans la prise en compte des enjeux économiques, sociaux et sociétaux d’aujourd’hui, majeurs pour le mouvement sportif.
Ce projet, positionné à l’échelle régionale, intègre la complémentarité des équipements et des dispositifs d’accompagnement du sport de haut niveau des autres territoires ligériens, en s’appuyant sur le réseau des centres associés implantés dans les quatre autres départements.
Qui plus est, avec ce nouvel outil, l’établissement s’inscrit, aux côtés des universités, des grandes écoles et des entreprises dans une dynamique d’innovation et d’excellence pour développer la recherche et une offre de services à forte valeur ajoutée auprès des sportifs et de leur encadrement.
Ce projet de futur CREPS est intégré au contrat de plan Etat-Région 2015-2020. Le coût global de l’opération est estimé à 38 300 000 € TTC. Outre la construction de nouveaux bâtiments fonctionnels et adaptés aux besoins des sportifs (11 700 m² de surface utile sur 5,4 ha répartis en pôles équipements sportifs, athlétisation, hébergement-restauration, administration, formation…), la Région des Pays de la Loire souhaite avant tout positionner le CREPS des Pays de la Loire dans le XXIème siècle.

 

Parmi les actions originales de la Région, on note la future création d’un fonds de dotation pour le bénévolat, en lien avec les acteurs économiques et associatifs régionaux. Pourquoi une telle initiative ?

En Pays de la Loire, comme sur tout le territoire français, le bénévolat correspond à certaines de nos valeurs les plus essentielles : la fraternité, la solidarité, l’entraide. Le bénévolat est essentiel à une société démocratique. Tous les citoyens ont le droit et la responsabilité d’y contribuer de la manière qui leur convient le mieux.
Dans notre région, ces valeurs d’engagement connaissent une résonance particulière. Si 39% des Français donnent de leur temps pour les autres, tous types d’engagements confondus, ce chiffre atteint presque 50% en Pays de la Loire.
Le nombre d’associations s’est beaucoup développé dans les années 1980 et, depuis, le rythme ne s’est pas ralenti : entre 70 000 et 80 000 associations sont créées chaque année en France. La dynamique de création d’associations est nettement plus soutenue dans la région qu’au plan national. Les années précédentes ont marqué un record, avec le franchissement de la barre des 3 800 créations. Par ailleurs, 9 associations sur 10 fonctionnent sans salarié.
Il s’agit de participer à une véritable refondation du fait associatif. D’origines professionnelles et sociales différentes, de territoires éloignés, les bénévoles ont en commun de mettre leurs capacités d’engagement individuel au service de l’action collective et de la construction d’un intérêt général.
Dans le cadre de son ambition en faveur du bénévolat et de l’engagement, la Région des Pays de la Loire étudie la possibilité de créer une fondation qui soutiendra les associations de proximité et diffusera la culture du don. Elle s’est déjà engagée en ce sens en proposant des appels à projets favorisant l’implication et la responsabilisation des jeunes. Elle accompagne par ailleurs des démarches de solidarité afin de lutter contre la grande précarité, l’isolement et les violences faites aux femmes. Elle a pour objectif de valoriser les bénévoles s’impliquant dans les associations ligériennes, de faire connaître et reconnaître leurs mérites et leur engagement, au quotidien, facteurs de dynamisme local et de participation au lien social. La création de la Fondation pour le bénévolat viendra structurer et consolider ces actions.

 

Une des priorités de votre Région est de garantir une plus grande équité entre les différents territoires urbains et ruraux. Quel rôle le sport pourrait-il jouer dans cette politique ? Considérez-vous que son potentiel pourrait être davantage mis en valeur ?

Pour pallier les inégalités territoriales dans l’accès au sport, la Région s’engage auprès des ligues et comités régionaux, dans le cadre des conventions pluriannuelles d’objectifs, pour le renforcement ou la création d’une offre sportive dans les territoires ruraux. Il s’agit notamment d’accompagner les projets de mise en œuvre de formation de proximité pour les dirigeants et les éducateurs, de mise à disposition de cadres sportifs pour lancer de nouvelles activités, d’acquisition de matériels… Cette action s’inscrit dans le « pacte régional pour la ruralité ».
Au-delà de la politique sportive, la Région intervient également via les contrats de territoire sur le financement d’équipements sportifs de proximité, essentiels pour maintenir ou développer la pratique, mais également à travers la gestion des financements européens dont les territoires ruraux comme urbains (quartiers prioritaires) peuvent bénéficier.
Concernant la question de la mise en valeur du potentiel économique du sport, c’est effectivement un secteur dont l’importance est sous-estimée mais pourtant à fort potentiel en termes de chiffre d’affaires et d’emplois.
La Conférence régionale consultative du sport que pilote la Région avec l’Etat (DRDJSCS) et le CROS, a ouvert des travaux sur le sujet pour aider les associations à renforcer leur modèle économique en diversifiant leurs activités, notamment dans le sport santé bien-être, et à rechercher de nouvelles ressources budgétaires (crédits européens, Responsabilité sociétale des entreprises, rapprochement avec l’Economie sociale et solidaire…).
Le retour sur investissement des aides publiques en faveur des manifestations sportives est méconnu. Pourtant si on prend le Vendée Globe, les retombées économiques sont équivalentes à une saison touristique pour la station des Sables d’Olonne. La Région soutient ces organisations évènementielles qui ont un rayonnement international et un impact important sur l’emploi et la vitalité de filières industrielles.

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s