Patrick Appéré – Maire adjoint de la ville de Brest chargé du sport, Conseiller de Brest Métropole délégué aux équipements sportifs et nautiques

 

En 2015, la communauté urbaine de Brest est devenue une métropole. Ce changement de statut a-t-il eu un impact sur les politiques sportives locales de l’intercommunalité ?

L’impact est faible en interne en lien avec le très fort niveau d’intégration qui existe historiquement entre la ville de Brest et la communauté urbaine devenue ensuite la métropole… Sans pour autant écarter le travail mener pour des partenariats renforcés avec les autres intercommunalités.
L’impact externe reste à mesurer avec les partenaires institutionnels. Ainsi, le Finistère, confronté comme tous les départements français à des enjeux financiers majeurs, se désengage du sport de haut niveau. Les niveaux de partenariats et complémentarité avec la région font actuellement l’objet d’échanges. Au-delà de la réforme territoriale engagée, c’est avant tout la réduction des financements publics qui doit nous inciter à repenser la gouvernance du sport, son financement, accélérer les mutualisations…

 

Quel rôle le sport joue-t-il dans la stratégie de développement de la métropole ? Comment celle-ci articule-t-elle les actions sportives avec ses autres politiques publiques ?

Le développement d’un territoire est conditionné par l’épanouissement de ses habitants. Dans ce sens, la diffusion d’une culture sportive constitue à Brest un élément fort de la qualité de vie sur le bassin de vie. Ainsi, en lien avec mon premier mandat sur la politique de la ville, je reste attaché à une politique sportive en lien étroit avec les politiques d’accessibilité, jeunesse, éducation…
Dans ce contexte de réforme territoriale, avec notamment le statut de métropole reconnu au territoire brestois, la participation aux débats nationaux sur les questions sportives m’a semblé utile. Dans ce cadre, je suis impliqué dans l’ANDES et je participe à diverses commissions nationales.
Enfin, la spécificité de la politique sportive brestoise s’exprime sans aucun doute au travers de son Projet Sportif Territorial, et enrichi sous un angle nautique via une Charte. Après la phase d’enquête et élaboration du Projet Sportif Territorial en 2010-2014, une des ambitions est d’enrichir cet outil, dont la vocation est de sécuriser une politique sportive en phase avec la demande sociale, en structurant le recueil de l’expertise citoyenne.
Par ailleurs, je souhaite que ce mandat participe, localement, à confirmer la place du sport comme une « composante de notre société ». Le sport comme vecteur de lien social et de solidarités, avec l’ensemble des dynamiques, qu’elles soient associatives ou autonomes. Le sport comme composante de l’aménagement urbain, qu’il soit bâti ou non bâti.

Brest a aussi conservé un fort niveau d’investissements sportifs sur le présent mandat, en dépit d’un contexte national de raréfaction des ressources :

  • la réalisation de terrains synthétiques de football et rugby, ainsi qu’une piste synthétique pour l’athlétisme, en réponse aux attentes des nombreux licenciés sur ces disciplines,
  • des travaux sur toutes les piscines de la métropole pour maintenir, optimiser ou réhabiliter un patrimoine ancien, favoriser le « savoir-nager » et accompagner la dynamique aquatique et nautique brestoise, tout en intégrant les enjeux d’optimisation des performances énergétiques de ces équipements,
  • la prise en compte du sport urbain avec la refonte complète du principal skate-park de la ville,
    le sport spectacle est également intégré avec d’importants investissements prévus sur le stade Francis Le Blé qui accueille le Stade Brestois 29,
  • le sport scolaire et plusieurs associations de sports en salle avec la reconstruction d’un gymnase en hyper centre-ville…

S’agissant des aides au fonctionnement, pour accompagner la dynamique associative qui favorise le vivre ensemble et profite au plus grand nombre, ce sont divers dispositifs d’aides vers le mouvement associatif qui sont reconduits :

  • aide au fonctionnement, aux déplacements, aux projets et aux manifestations,
  • accompagnement, dans une juste mesure, du sport de haut niveau, via les centres de formation, les clubs et équipements, en cohérence avec les dispositifs qui existent autour du « double parcours ».

Enfin, il me semble intéressant d’évoquer les moyens humains et logistiques de la collectivité tels que le service « Sport & Quartiers » investi sur les quartiers prioritaires, les TAP et diverses animations en périodes de vacance scolaires, le centre de Médecine du sport outil stratégique de structuration du sport de haut niveau sur l’ouest breton, sans oublier les autres services et acteurs de l’action publique sportive.
Un ensemble de moyens de la collectivité, qui conjugué à une forte culture associative, un territoire qui se prête naturellement à la pratique, et un évènementiel de qualité font de Brest une ville résolument sportive qui s’est vu décernée cette année le label Ville active & sportive avec 3 lauriers. Une distinction qui permettra Une distinction qui permettra en effet de confirmer la place du sport dans les politiques publiques et dans notre stratégie de marketing territorial.

 

La Brest Arena a ouvert en 2014. Quelles étaient les ambitions du territoire quand le choix a été fait de la construire ? Trois ans après son inauguration, comment participe-t-elle au développement du sport brestois et au rayonnement de votre métropole ?

Les enjeux sur cet équipement étaient multiples :

  • ambition sportive d’un outil permettant d’accueillir un club sportif, hand ou basket, à fortes ambitions nationales, et permettant l’accueil d’une offre qualitative de spectacles sportifs d’envergure régionale à internationale. Les équipements de la Ville de Brest ne permettaient plus d’accompagner de telles ambitions sur le plan sportif,
  • ambition culturelle, avec des concerts et autres salons, avec une offre qualitative de 5 000 spectateurs environ complétant les équipements existants sur le territoire.

Trois ans après son ouverture, ces ambitions sont largement respectées. L’attractivité de l’équipement, avec sa qualité architecturale interne et externe, son accessibilité renforcée (une station tram sur site), le confort des gradins, la qualité de son acoustique permettent un nombre de spectacles sportifs et culturels très importants, avec de très fortes affluences.
S’ajoute à ces éléments, sur le plan sportif, le développement d’un club de hand féminin qui joue les premiers rôles en championnat et vient de boucler un beau parcours européen, dès sa première année dans l’élite de la discipline. A chaque match, se sont plus de 3 500 spectateurs, voire 4 000 à guichet fermé, qui viennent soutenir
leur équipe dans une magnifique ambiance de chaudron sportif !

Je reste néanmoins vigilant à un ancrage local sur les évènements sportifs qui y sont organisés, en évitant d’accompagner des évènements « hors sol » sans lien avec des clubs locaux. La logique « héritage » portée par la candidature française aux Jeux olympiques de 2024 s’applique également aux investissements et choix sportifs locaux.

Ainsi, en cohérence avec le développement du handball sur le territoire, nous avons reçu en janvier 2017 la Coupe du Président dans le cadre du Mondial masculin de 2017, et nous recevrons une poule de l’Euro féminin 2018. L’Open de tennis Brest’Arena mobilisent tous les clubs de la ville, de la métropole, et plus largement du département. Un championnat d’Europe de Gouren s’est aussi déroulé sur Brest en 2015, porté par une organisation bénévole locale très motivée par la qualité de la salle.

Championnat de France handisport de tennis de table en 2015, match de volley de l’équipe de France masculine, match de l’équipe de France féminine de handball, tournoi masculin de handball, compétition de gymnastique rythmique : la ville de Brest et la métropole s’impliquent fortement, mais avec l’exigence d’un portage par des acteurs locaux, qu’ils soient clubs, comités départementaux ou ligues régionales. Le spectacle sportif proposé doit garder un lien avec les pratiques du territoire.

Enfin, dans le respect des ambitions initiales, ces spectacles sportifs font systématiquement l’objet d’une démarche d’accessibilité, partagée par les organisateurs, avec des places relayées auprès des partenaires sociaux du territoire.

 

 

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