Marco Sentein – Président de l’ANDIISS

Depuis le vote des lois MAPTAM (2014) et NOTRe (2015) sur l’organisation territoriale, l’ANDIISS a-t-elle constaté des évolutions concrètes dans la manière dont les différents niveaux de collectivités territoriales conduisent leurs politiques sportives ?

Les évolutions ont été principalement d’ordre « administratives », voire aussi « économiques ». Au niveau administratif avec une contractualisation plus accrue entre les différents échelons territoriaux pour la mise à disposition des moyens humains, des équipements sportifs ou des demandes de subventions (fonctionnement et investissement).
Au niveau économique, avec une réelle diminution des aides directes (subventions) et indirectes auprès des partenaires qu’ils soient publics et / ou privés. Un fléchage des aides accordées est recherché par nos élus de manière plus systématique.

 

Pensez-vous qu’une nouvelle loi soit nécessaire pour clarifier les compétences sportives de chaque niveau de collectivité ? Ou le rétablissement de la clause de compétence générale, avec une grande liberté d’initiative pour chaque collectivité, était-elle finalement la bonne solution ?

Le rétablissement de la clause de compétence générale correspond à la réalité de notre modèle sportif français et reste à mon sens la bonne solution. En effet, cette « liberté » d’action permet malgré tout une certaine « fraternité » entre les tous les acteurs même si « l’égalité » entre les territoires est perfectible… Mais n’est-ce pas cette diversité et cette liberté d’initiative qui font notre force et notre richesse ?
Chaque niveau de collectivités peut ainsi, de par la connaissance précise de son territoire, définir ses orientations, en particulier au niveau des investissements. L’utilité d’une nouvelle loi ne me paraît pas opportun sauf si elle doit améliorer ou faciliter les circuits de décision pour permettre aux acteurs d’être plus efficaces et efficients.

 

Comment l’ANDIISS envisage-t-elle l’avenir des communes dans les politiques publiques du sport dans les 10 prochaines années : la montée en puissance des intercommunalités va-t-elle s’accélérer ou les communes continueront-elles d’occuper une place centrale dans le sport français ?

De par mon regard de Président de l’ANDIISS et des échanges réguliers avec mes collègues, le sport de proximité et le « sport pour tous » resteront des compétences communales. Le lien entre l’administré et l’administration locale fait partie de notre histoire et « patrimoine communal ».
Cependant, les intercommunalités vont récupérer bon nombre de missions (au-delà des équipements sportifs structurant son territoire), comme l’ensemble des événements sportifs, la gestion de nombreux clubs sportifs « intercommunaux » et d’autres espaces sportifs de plein air en particulier. La mutualisation du gros matériel et de certaines missions du personnel va s’accentuer en conséquence.
Tout comme les nouvelles régions vont se positionner sur les grands événements et équipements d’intérêt communautaire, voire à l’international (l’attribution des JO 2024 pouvant avoir un effet accélérateur) ; mais aussi accentuer leurs aides aux sportifs et / ou clubs, et structures de très haut niveau.
Les départements quant à eux disparaissant progressivement de la sphère sportive pour se consacrer pleinement à leurs champs de compétences.

 

 

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