Alain Sorèze – Président du CROS de la Guadeloupe

 

Le CROS de la Guadeloupe a publié en 2015 un Livre blanc du sport, qui avait notamment pour ambition « d’anticiper les défis du futur ». Pouvez-vous nous expliquer comment une telle initiative a vu le jour et comment ce travail de prospective a été mené ?

Le Livre blanc du sport en Guadeloupe est une démarche qui vise à doter les décideurs d’un recueil de préconisations objectives, qui doit favoriser l’émergence d’une vision partagée et concertée des politiques publiques sportives.

Il nous appartenait de recenser les aspirations diverses des composantes du mouvement sportif guadeloupéen pour les mettre en commun, les analyser avec des outils de conceptualisation de politiques publiques afin de dégager une vision.

L’enquête de terrain a été réalisée du premier semestre 2014 jusqu’au début 2015, dans le souci d’y intégrer le maximum d’acteurs représentatifs de la gouvernance du sport en Guadeloupe.

Le CROS de la Guadeloupe a ainsi pu anticiper et est prêt pour les échéances futures à savoir la Conférence régionale des sports et l’élaboration du plan Etat/Région pour les équipements.

 

Comment le Livre blanc imagine-t-il l’association sportive de demain ? Son modèle économique et son champ d’action devront-ils être plus étendus et diversifiés qu’aujourd’hui ?

L’élaboration du livre blanc a révélé un impérieux besoin de documents programmatiques de référence pour le sport en Guadeloupe. L’association sportive de demain doit être stratège et avoir un management professionnel pour dégager justement un modèle économique qui répond aux enjeux définis par l’analyse prospective.

Par exemple, l’approche prospective révèle des tendances lourdes qui impacteront de manière significative le visage du sport en Guadeloupe :

  • le papy boum (mais surtout la mamy boum) que connaîtra la Guadeloupe dans les prochaines années, du fait du vieillissement accéléré de sa population,
  • la montée en puissance de comportements et donc de pratiques individualistes,
  • une opposition moins tranchée entre temps libre et travail, en particulier dans un territoire caractérisé par un fort taux de chômage

Nos associations sportives devront faire face à ces évolutions des demandes, diversifier les offres, créer des services, organiser des événements et viser une plus grande autonomie sont les enjeux.

 

Quel peut être le rôle des CROS pour accompagner une telle évolution ? Que peuvent-ils apporter spécifiquement aux associations qui ont besoin d’être soutenues dans leur stratégie de développement ?

D’abord, le CROS doit lui-même être dans l’évolution et donner l’exemple en réformant notre gouvernance, en nous adaptant aux nouvelles donnes politiques et économiques.

Ensuite, le CROS pourrait devenir le gestionnaire des politiques de mutualisation voire même pourquoi pas le pilote d’une politique sportive territoriale contractualisée avec la collectivité régionale et l’Etat dans chaque territoire.

Aussi, le CROS doit être un interlocuteur crédible et respecté pour rechercher auprès des collectivités locales, des services de l’Etat et des entreprises, les soutiens financiers pour accompagner les associations dans un cadre pluriannuel avec des conventions d’objectifs.

 

 

 

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