Philippe Diallo – Directeur de L’Union des clubs professionnels de football

 

Depuis la parution de son premier baromètre en 2010, l’UCPF a joué un rôle important pour souligner l’importance économique et sociétale du football français mais aussi la dégradation de sa compétitivité. Comment jugez-vous l’évolution de la situation durant ces six dernières années ?

Le football français vit un paradoxe. D’un côté, il dispose d’une série d’atouts majeurs avec la modernisation de son parc de stades à l’occasion de l’Euro 2016, la qualité de sa formation, une instance efficace de contrôle telle que la DNCG, des outils de développement comme la licence club et un « ticket d’entrée » dans nos clubs extrêmement compétitifs. D’ailleurs, depuis quelques années, les investisseurs ne s’y trompent pas. On constate que beaucoup à Paris, Lyon, Marseille, Nice ou encore Sochaux ou Auxerre choisissent la France et notre championnat comme lieu de leurs investissements.

D’un autre côté, l’écart en matière de ressources audiovisuelles s’est creusé avec tous nos concurrents, notre moyenne de spectateurs est encore éloignée des meilleurs et la question des charges sociales reste posée. Ce triple handicap nous conduit à voir partir prématurément à l’étranger nos talents et à être menacé par une spirale négative où la faiblesse économique amène à l’appauvrissement sportif.

Tout notre effort dans les années à venir consistera à valoriser au mieux nos atouts. Pour ma part, je suis optimiste dans notre capacité collective à retrouver notre pleine attractivité.

 

Le Parlement examine actuellement plusieurs mesures, dont la création d’une « redevance » permettant d’exonérer de charges sociales une partie de la rémunération des sportifs. Une telle réforme répondrait-elle aux attentes de l’UCPF et permettrait-elle d’améliorer la compétitivité des clubs français ?

On le sait la question des charges sociales plus que celle de la fiscalité est un des handicaps de compétitivité de nos clubs. Pour autant, toute réforme en la matière ne peut s’inscrire que dans un cadre de droit commun. C’est le sens de la proposition de loi débattue actuellement. En reprenant les travaux du rapport Glavany et de la Conférence sur le sport professionnel, le législateur transpose aux sportifs les règles applicables aux mannequins et aux artistes. En ce sens, même si plusieurs points techniques restent à régler, l’UCPF soutient l’initiative parlementaire et espère qu’elle aboutira au début de l’année 2017.

 

 

 

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