Laurence Arribagé – Députée de la Haute-Garonne et Adjointe au Maire de la ville de Toulouse en charge des sports

 

Quelles sont les attentes d’une ville comme Toulouse à l’égard de l’État en matière de politique sportive ? Comment celui-ci accompagne-t-il vos actions dans le sport ?

En 2017, l’État maintiendra, pour la 4e année consécutive, des baisses de dotations pour les collectivités locales. Nous prenons néanmoins acte de la réduction de moitié de l’effort financier demandé au bloc communal, qui constitue un premier pas vers une relance de l’investissement local. Devant le 99e Congrès des maires, le 1er juin dernier, François Hollande a également annoncé que le fonds exceptionnel de soutien à l’investissement   aux collectivités locales mis en place cette année serait reconduit en 2017 et porté de 1 à 1,2 milliard d’euros. 600 millions seront consacrés aux priorités nationales que sont la transition énergétique, le logement, l’accessibilité des bâtiments, et 600 millions destinés aux petites villes et la ruralité. S’il faut se féliciter de cette nouvelle enveloppe, il est regrettable que rien n’ait été prévu ou fléché vers le domaine sportif. À Toulouse, la dernière aide de l’État en la matière concerne les investissements de rénovation et de modernisation du Stadium (État, CNDS : 6 millions d’euros) qui nous a permis notamment d’accueillir l’Euro cette année.

 

Quels sont les futurs grands projets sportifs de la ville de Toulouse ? Un appui de l’État sera-t-il nécessaire pour aider à leur réalisation?  

Bien connue pour son vivier étudiant, la Ville rose est également une ville sportive reconnue pour son important niveau d’équipement. Toulouse est donc la première ville de France, devant Nantes et Strasbourg, en matière d’infrastructures sportives par rapport à la densité de sa population, selon un recensement du Ministère des sports d’août 2015.  Les Toulousains profitent amplement de cette particularité : plus de 3,325 millions de personnes ont fréquenté les équipements sportifs de la ville en 2014. En ce qui concerne nos projets, rappelons que le Stadium pourrait accueillir des matchs de football hommes et femmes lors des Jeux olympiques d’été

2024, si la candidature de Paris était retenue. Nous attendons avec impatience le vote du Comité international olympique qui départagera les villes en compétition : Paris, Los Angeles et Budapest, lors du prochain congrès qui aura lieu le 13 septembre 2017, à Lima au Pérou.

Par ailleurs, nous travaillons actuellement sur un plan « piscine ». Plus largement, la politique sportive des villes et collectivités de France doit être encouragée eu égard aux nombreux enjeux qui y sont liés, notamment en matière de santé publique. À ce titre, le soutien de l’État devrait être davantage constant et dépasser le cadre exceptionnel des grandes compétitions internationales, comme les Jeux olympiques ou le championnat d’Europe de football.

 

Le rôle de l’État doit-il évoluer ? Peut-on imaginer une nouvelle répartition des rôles avec les collectivités, le mouvement sportif, les entreprises ?

Le budget des Sports de la ville de Toulouse s’élève à 8% du budget total, soit une moyenne respectable par rapport aux grandes villes de notre envergure. Pour autant, à l’heure de la réforme territoriale, force est de constater qu’un développement ambitieux des actions et des investissements locaux en matière sportive passe inévitablement par un transfert de compétences au niveau intercommunal. Ce fut le cas de Toulouse qui a transféré à la Métropole ses compétences pour le Stadium, le palais des sports et les bases de loisirs. Au niveau national cependant, on est en droit d’attendre une meilleure coordination de l’action publique.

L’organisation de la politique du sport en France repose depuis plus de 50 ans sur deux principes fondamentaux : la délégation par l’État de l’animation et de la gestion du sport à des structures essentiellement associatives d’une part, et la solidarité au sein des fédérations entre le sport amateur et le sport professionnel, d’autre part.

Ce modèle comporte deux grands acteurs : les services de l’État et le mouvement sportif, lui-même articulé entre le système fédéral spécifique à chaque sport et sa représentation mutualisée, au travers du Comité national olympique et sportif français. L’organisation et le développement du sport en France reposent donc sur un système particulier où les structures publiques et les groupements privés sont soumis à des dispositions législatives et réglementaires spécifiques. Nous sommes face à un système archaïque qui n’a subi aucune réelle évolution.

L’État doit désormais prendre ses responsabilités en définissant clairement son champ d’intervention et en menant une réforme courageuse pour établir une répartition qui corresponde à l’évolution du sport actuel et de ses pratiques, avec un fonctionnement qui réponde aux exigences de notre époque.

 

 

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