Patrick Weiten – Président du Conseil départemental de la Moselle

 

Pensez-vous que le rôle de l’État dans le sport devra évoluer dans les années à venir ? Pourra-t-il conserver toutes ses missions ou devrait-il à l’inverse concentrer ses moyens sur un nombre plus restreint de priorités ?

Le projet de loi de finances 2017 prévoit 521 millions d’euros pour le sport, emplois compris, soit 0,12% du budget de l’État ! Le sport source de cohésion sociale, ne doit pas être une niche d’économies potentielles pour la dette publique de 2 000 milliards d’euros. Pourtant, le projet de loi prévoit une nouvelle diminution des crédits du CNDS de 4 millions d’euros ce qui laisse encore augurer une diminution des aides aux clubs sportifs. En Moselle, il ne reste plus que 185 clubs, sur près de 2000 soutenus par le département, qui ont obtenu une aide du CNDS en 2016, soit deux fois moins qu’en 2012.

En s’engageant financièrement dans la campagne des JO 2024, l’État reconnait déjà le rôle économique et attractif du sport. Mais à l’avenir, il devra être vigilant au maintien de l’offre sportive par les clubs et la qualité des équipements en agissant comme un facilitateur.

 

Les collectivités locales sont les premiers financeurs du sport français. Comment l’État pourrait-il mieux travailler avec elles ? Quels nouveaux types de partenariats pourraient être envisagés entre l’État et les territoires ?  

La compétence partagée du sport proposée par la loi NOTRe ne se traduit pas, malheureusement, par davantage de concertation et l’État reste prescripteur là où il ne finance plus : l’État impose la norme et les collectivités territoriales financent. Il a fallu des années pour que les collectivités aient enfin une voix délibérative au sein des commissions  territoriales   du   CNDS   mais   leur représentativité est loin de correspondre à leur engagement.

Enfin, les initiatives de territoire mériteraient d’être valorisées. Ainsi, la Moselle sport académie créée à l’initiative du Département pour accompagner le sport de haut niveau et ouvrir son financement au mécénat d’entreprises est un projet issu du territoire qui tisse des liens entre tous ses acteurs et qui s’étend même au champ social puisque les sportifs de haut niveau s’impliquent dans les Maisons d’enfants à caractères social. Là où les collectivités locales s’engagent, l’État devrait accompagner.

 

Pensez-vous que le mouvement sportif soit prêt à assumer de nouvelles responsabilités dans le pilotage du sport français ? La conduite de certaines politiques nationales pourrait-elle lui être confiée ?

Le mouvement sportif assume déjà bien des charges, le temps de « travail » du dirigeant a été multiplié par 10 en 10 ans. Tour à tour, juriste, communicant, comptable, manager, employeur, éducateur : le bénévole croule sous les responsabilités. Je pense que le mouvement sportif a davantage besoin de ressources pour structurer ses clubs et faire évoluer son modèle économique. Aidons plutôt le mouvement sportif dans ce sens et surtout restons à son écoute, dans la proximité des territoires.

 

 

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