Régis Juanico – Député de la Loire

Vous avez récemment rédigé avec Pascal Deguilhem un rapport sur le sport à l’école et dans l’enseignement supérieur.  Quelles sont vos principales préconisations pour améliorer l’action de l’État dans ce domaine ?

Parmi les 54 préconisations que nous formulons dans le rapport visant à favoriser la continuité des parcours sportifs de la maternelle à l’université et la complémentarité des interventions des acteurs dans les temps scolaires, périscolaires et extra-scolaires, j’en retiendrai deux principales. La première est de créer une instance de gouvernance territoriale sur les questions sportives réunissant tous les acteurs locaux (Éducation nationale, clubs, élus municipaux..) : le Conseil local des activités physiques et sportives afin de pouvoir coordonner les Projets éducatifs territoriaux, les créneaux des équipements sportifs, l’offre d’activité physique.
La seconde est la création de plusieurs milliers d’équipements sportifs légers de proximité dans – aménagement des cours de récréation – ou aux abords des écoles afin de favoriser l’activité physique et la mobilité active des élèves (pistes cyclables…).
Pour financer ce dernier objectif nous avons concrétisés deux de nos propositions dans le cadre du Projet de loi de finances 2017 avec le déplafonnement à hauteur de 10 millions d’euros supplémentaires du prélèvement sur les paris sportifs et la prolongation entre 2018 et 2024 du prélèvement complémentaire sur les mises de jeux de loterie – soit 25 millions d’euros par an – au profit d’un fonds « Héritage sportif et territorial » dans le cadre de la candidature de Paris 2024.

Plus largement, quels devraient être les objectifs prioritaires de l’État dans le sport ? Sur quelles missions devrait-il concentrer ses moyens ?

L’État doit recentrer son action pour devenir le garant des grandes orientations des politiques sportives en lien avec les fédérations : accès du plus grand nombre à la pratique sportive et emploi sportif qualifié en lien avec le CNDS, sport de haut niveau avec le réseau du Grand INSEP et des CREPS, rayonnement international en lien avec le CNOSF, diplômes nationaux, santé et sécurité des sportifs et lutte contre le dopage.
Les ministères de l’Éducation nationale et de la Jeunesse et des Sports ont un rôle d’impulsion décisif pour mobiliser autour de l’objectif d’un grand plan de développement du sport pour tous et à tous les âgesde la vie avec deux leviers principaux : le sport à l’école et le sport-santé-bien-être.
La question du maillage des équipements sportifs de proximité est une variable clé de la pratique sportive sur les territoires avec la présence de clubs structurés et d’emplois sportifs qualifiés que l’État doit soutenir.

L’État doit-il envisager de se désengager de certaines de ses missions et les confier partiellement ou en totalité à d’autres acteurs ? 

L’État ne doit pas se désengager, son budget des sports dépasse à peine 500 millions d’euros sur 35 milliards de dépenses sportives annuelles ! Il est possible de progresser dans la répartition des compétences de chacun, le sport étant une compétence partagée par l’ensemble des collectivités.
La loi NOTRe et le redécoupage territorial en treize grandes régions qui impacte directement l’organisation du mouvement sportif décentralisé sur le territoire doit être l’occasion de clarifier les missions – et d’optimiser les dépenses ! – de chaque échelon en matière de politique sportive, d’organiser une concertation locale des acteurs et une complémentarité des interventions plus fortes.
La Région constitue le niveau stratégique d’élaboration des politiques sportives où avec la formation, l’aménagement et l’animation sportive des territoires, l’accompagnement des entreprises de l’économie du sport.
Le Département doit jouer pour sa part un rôle central en matière d’équilibre entre les pôles urbains et les espaces ruraux, d’offre d’activité physique en direction des publics les plus vulnérables (personnes handicapées, bénéficiaires des minima sociaux) et d’activité physique adaptée pour les seniors et les personnes âgées en lien avec les ARS.
Les intercommunalités sont les collectivités partenaires de référence pour les clubs professionnels et pour les équipements sportifs structurants. Les communes demeurent l’échelon pivot des politiques sportives aussi bien en termes d’accompagnement des clubs locaux que de construction/gestion des équipements sportifs. Il faut rappeler que les communes représentent 90% de la dépense sportive des collectivités (autour de 11,5 milliards d’euros / an). Ces deux derniers échelons doivent en particulier veiller à élaborer une offre d’activité sportive et physique de proximité à travers des plans de déplacement actifs, des pistes cyclables, des voies vertes ou des parcours de santé.

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