Patrick Bayeux – consultant en politiques et équipements sportifs

 

La baisse des budgets sportifs de l’Etat et des collectivités territoriales annonce-t-elle un bouleversement durable du modèle de financement du sport français ?

Bouleversement durable peut-être pas. Je ne pense pas qu’on soit à la veille d’un changement de modèle. Que les lignes bougent certainement, mais de là à tout chambouler, non. D’abord, la baisse du budget de l’Etat est infime par rapport au financement du sport en France. Ce n’est pas quelques millions d’euros qui vont modifier le modèle. Pour ce qui concerne les collectivités territoriales, je relève que la dernière note de conjoncture du Ministère des sports portant sur l’année 2013 montre que le budget des collectivités territoriales a augmenté de 10,6% entre 2012 et
2013 et en moyenne de 4,62% depuis 2007. Certes, depuis, les dotations de l’Etat vers les collectivités ont baissé. On verra lorsque nous aurons les chiffres si ces baisses ont impacté significativement le monde du sport. Ce que je note toutefois, c’est pour cette année 2016 une reprise significative des projets de construction ou de rénovation des équipements sportifs. Par contre, c’est une certitude, les budgets de fonctionnement sont à la baisse. 

 

Dans ce contexte, les acteurs publics devraient-ils revoir leurs priorités de dépenses ? Vers quelles actions en particulier ?

C’est déjà fait en particulier sur les dépenses de fonctionnement. Les services des sports font des économies sur le personnel, sur l’entretien et la maintenance et de plus en plus de collectivités mettent en place des politiques tarifaires pour l’utilisation des équipements sportifs. Le soutien aux associations sportives est également impacté. C’est particulièrement vrai pour les départements. Certaines communes ont également baissé leurs subventions. A moyen et long terme, la tendance sera très certainement à la mise en place d’une tarification et d’un soutien adaptés d’une part à la finalité de l’activité et d’autre part au public. La finalité consiste à différencier les activités de service public et les activités industrielles et commerciales. Quant au public, il s’agira de tenir compte des revenus ou du quotient familial. Tout ceci va se faire progressivement mais la tendance est amorcée.

 

Quels devraient être les gagnants et les perdants des évolutions en cours ? Des acteurs publics vont-ils monter en puissance ?

Je ne sais pas si on peut parler de gagnants ou de perdants, par contre je pense que les acteurs du sport seront amenés à travailler différemment, c’est- à-dire en réseau. L’inter-territorialité, les relations entre les territoires et les acteurs vont l’emporter sur le jeu de chaque acteur. Désormais, les acteurs devront travailler ensemble sur un territoire pour organiser la solidarité dans l’accès aux pratiques et aux équipements. Dans ce paysages, les intercommunalité vont monter en puissance.

 

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