Arielle Piazza – Adjointe au Maire de Bordeaux en charge des sports et Vice-présidente de l’ANDES

 
Selon l’ANDES, 26% des villes ont baissé leurs subventions aux associations sportives en 2016. Pensez-vous que ce phénomène peut s’accentuer dans les prochaines années ?

Je n’en suis pas sûre. S’il y a une légère baisse, il y a surtout une tendance à la stabilisation. Les aides financières des communes constituent la force vive des associations sportives et il y a une volonté forte des élus locaux de les préserver. Les communes sont attachées au sport santé, à la valeur éducative du sport, à l’encadrement et la formation de notre jeunesse. Les contraintes budgétaires n’ont pas diminué cet attachement. Les communes continuent à s’engager fortement, y compris par de nombreuses aides indirectes. Selon l’enquête de l’ANDES, 81% des communes ont maintenu leur mise à disposition de matériel et de personnel. 14% l’ont même augmenté pour le matériel et 7% pour le personnel. Il y a aussi toujours un gros effort de réhabilitation du parc des équipements, porté avant tout par les villes. La légère baisse des subventions communales, si elle est confirmée, ne devrait par ailleurs pas toucher le sport pour tous mais plutôt des activités comme le sport professionnel. Les communes s’en désengageront progressivement afin de préserver leur soutien au développement de la pratique – qui constitue la vraie priorité.

 

Le contexte budgétaire doit-il inciter les communes à revoir leur manière d’attribuer leurs subventions sportives ?

Je pense que beaucoup se sont déjà mises en marche. On observe un recentrage dans les critères d’attribution avec des politiques sportives mieux définies, annoncées à l’avance pour que tout le monde sache où l’on va, avec comme mots clefs « transparence » et « équité ». Aujourd’hui, les gens veulent savoir ce qu’on fait de l’argent public. Beaucoup de communes évaluent donc tout ce qui est attribué. A Bordeaux, depuis 2009, nous allons voir les clubs en fin de saison et évaluons ce qu’ils ont fait. Y compris pour augmenter l’aide de la municipalité quand les choses sont bien faites et qu’elles rentrent dans le cadre de nos politiques ! Des conventions sont passées avec les clubs, avec des contrats d’objectifs, des engagements respectifs entre la commune et les associations. Cette transparence est essentielle pour la municipalité mais aussi pour les présidents d’associations, qui disposent d’une feuille de route claire et comprennent mieux nos critères d’attribution. C’est une politique rassurante pour les clubs. Tout le monde peut avancer ensemble en suivant le même cap. Cela permet aussi de mieux accompagner les clubs fragiles, de les aider à prendre les bonnes décisions et d’inciter chaque association à ne pas rester seule, à dialoguer avec d’autres structures, à partager des moyens et du savoir-faire, et mener des actions conjointes.
 


Des sources alternatives de financement pourraient-elles compléter les subventions municipales ? Comment favoriser leur développement ?

La culture est souvent mieux servie que le sport de ce point de vue, notamment avec le rôle des fondations. Le sport a pourtant des missions fortes dans l’éducation, la citoyenneté ou la diversité. Avec des résultats exceptionnels réalisés autour du jeu sportif et de ses règles. Trouver d’autres financements est donc possible. A Bordeaux, des activités sportives sont ainsi organisées l’été pour ceux qui ne peuvent pas partir en vacances. Des partenaires privés nous accompagnent dans la durée pour réaliser ces actions alliant sport et social. Les élus doivent se rendre compte que ce type de soutien existe. Il faut aller taper aux portes et convaincre des partenaires économiques locaux qu’ils peuvent se retrouver dans l’éthique du sport et son image. Certains sujets sont plus compliqués pour trouver des soutiens financiers. C’est le cas du sport féminin car les partenaires sont souvent déjà investis avec des sportifs masculins. Avec une meilleure couverture médiatique, surtout après les JO, il serait plus facile de les convaincre. C’est en tout cas un vrai volet à développer. On ne peut plus penser le sport sans les femmes !
 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s